Rubens à New York



Sept ans après Drie Keer Belgisch/Belge trois fois, triple exposition à Liège (Mamac), Bruxelles (Bozar), Anvers (FoMu/Consulat de France), Catherine Van den Steen réinvestit la peinture d’histoire en passant New York au crible de Rubens et du baroque. Elle parcourt la ville-monde saisissant les anonymes qui y circulent, présence humaine au cœur d’une puissance que symbolisent les poutres d’acier qui portent la cité, dans les galeries du métro, ses entrailles souterraines. Sur la toile que découpent ces structures métalliques, elle dispose les silhouettes glanées dans ses carnets photographiques, selon une trame définie en filigrane par les œuvres de Rubens qu’elle a retenues (lui-même réinterprétant, parfois, ses prédécesseurs) : La lutte pour l’étendard, L’enlèvement d’Hélène, La descente de Croix, La bataille de Constantin, Le jardin d’amour… L’énergie du baroque, sa sensualité, sa dramatique et sa dynamique sont mobilisées pour décrypter ce que la rue donne à voir : relations, tensions, indifférences, jeux, engagements, absences… Ce New York, que présente l’artiste, proche et mystérieux, aux couleurs de Warhol, ne cesse de nous interroger. Où sommes-nous et qui sommes-nous dans le monde dont cette ville est l’emblème ?


Rubens à New York, une série de tableaux (acrylique sur toile de coton) et les fragments qui les (dé)composent – dessins, silhouettes, montages (crayon, aquarelle, prints)…